10 novembre 2009
Avenir
Je fais dérouler avec la souris la liste des métiers affichée par le site du CIDJ. Certains m'intéressent, mais l'on m'a découragée de tenter de les exercer: Interprète, professeur...
Je continue de m'habiller comme une adolescente: veste léopard rose fuchsia, pantalon goth à fermetures décoratives, Doc Martens. De m'intéresser à la mode des jeunes japonais.
Je viens de rédiger ma lettre de motivation pour mon stage en milieu professionnel. J'ai bon espoir d'être prise, mais en ce qui concerne un futur CDI...ce n'est pas gagné.
Je suis anxieuse et je me réfugie sur Internet ou dans le sommeil. Je bois du thé, parle à mon lapin, tente de chasser cette pensée selon laquelle je vais me retrouver sans-emploi après mes études.
08 novembre 2009
Raconte-moi ton histoire
Je m'entends très bien avec une de mes collègues, d'origine libanaise. D'habitude j'essaie de ne pas trop parler de moi et de mes anciens problèmes aux collègues de travail mais comme elle me mettait en confiance et me racontait sa propre histoire, je lui ai dit que j'avais souffert de phobie sociale, de dépression et avais fait une TS...à l'Ercéfuril! J'ai appris que nous avions fréquenté le même psy, moi pour ma dépression et elle parce qu'elle avait été victime d'un mari pervers narcissique. Nous avons toutes les deux convenu que ce monsieur était charmant (au point que je me suis déjà jetée dans ses bras).
J'adore que les gens me racontent leurs problèmes psychologiques, j'ai toujours été une oreille attentive, déjà au lycée je soutenais deux amies dépressives dont l'une a finalement fait un séjour en hôpital ou en clinique avant de se marier et d'avoir un enfant. J'aime savoir que je suis utile à Daphné et Marion, anorexiques-boulimiques, de par ma simple gentillesse et compassion à leur égard. Je pense que devenir altruiste et voir qu'on pouvait aller encore plus mal que moi m'a aidé à remonter la pente. Quand je m'"occupe" de quelqu'un d'autre, j'oublie mes propres problèmes, je suis la fille bien dans sa peau qui aide une fille moins confiante et plus fragile. Je joue le rôle de mes profs, et ça me fait du bien de voir que je peux ressembler à mes modèles, mes idéaux.
05 novembre 2009
Dessin
On dirait que j'arrive de nouveau à dessiner...après des mois d'échec.
04 novembre 2009
Le monde adulte, isolé un monde abrupte...
Ce matin j'ai traduit des caractères chinois inconnus sur seulement deux lignes de texte. Il m'en reste encore six. L'angoisse est montée, tout doucement, je me suis retrouvée comme bien des fois dans un état second, désagréable. Je n'en ai rien laissé paraître, souriant bêtement comme si tout allait bien. L'angoisse me rend parfois somnolente. C'est une façon de fuir la réalité. La réalité, c'est que je ne sais toujours pas ce que je vais exercer comme métier. Et il me reste moins d'un an pour trouver. Je me suis donc allongée, recouverte d'une couverture, et j'ai somnolé, une peluche à mes côtés pour me rassurer. Plus j'angoisse, plus je régresse; plus je régresse, plus j'angoisse.
J'ai du mal à me concentrer sur le chinois, après trois ans d'étude de cette langue et six ans d'études supérieures, étant donné que je ne sais pas à quoi ça va me servir sur le plan professionnel. A dix-huit ans déjà j'étais hyper anxieuse à propos de mon avenir. Je me rassurais en me disant que j'avais le temps, que c'étaient les études qui comptaient, on verrait bien. Mais maintenant il est trop tard pour dire: "On verra bien." ça me gâche la vie. J'ai beau faire l'autruche en déconnant, en jouant la carte de l'autodérision, j'ai la trouille...
03 novembre 2009
Grandir c'est dur
Je me revois enfant courant après le ballon dans le parc près de mon ancienne petite maison en pierres apparentes. J'étais libre comme l'air.
Aujourd'hui tout n'est que contraintes. J'essaie de profiter de ma dernière année d'études mais je sais que bientôt il me faudra trouver un emploi. J'ai passé assez d'heures à surveiller les visiteurs des musées pour savoir que ce n'est pas mon truc, en tout cas pas à plein temps. Honnêtement, je ne sais pas si je vais trouver un travail qui me plaira. Si ce n'est pas le cas, il me restera le soir, ma petite série policière américaine, mon carré de chocolat, et la nuit, avec ses rêves d'amours impossibles le jour rendus possibles dans le sommeil.
Voilà. Le gothic lolita est le style vestimentaire des jeunes filles qui veulent rester dans l'enfance; j'ai acheté une Gothic & Lolita Bible, j'ai admiré avec mon amie de cinq ans ma cadette les robes de ses Japonaises qui jouent les poupées victoriennes, même si je suis un peu vieille pour ça.
Je me revois enfant riant à pleines dents avec insouciance. Et plus le temps passe, plus je m'éloigne de cette petite fille...
31 octobre 2009
Transfert
Un jour, j'arrêterai de faire des transferts.
Hier je lui ai dit que j'avais froid, mais il n'y a toujours pas de polaire brodé à ma taille, seulement du XL. Qu'à cela ne tienne, elle entreprend de me faire essayer un de ces immenses vêtements. Alors qu'elle retrousse méticuleusement mes manches dix fois trop grandes, je ressens quelque chose de...spécial.
Après le déjeuner, comme elle n'est pas encore revenue, je me sens "en manque". J'ai besoin de la voir, et je commence à m'inquiéter: Et si elle travaillait dans un autre musée cet après-midi?
Bref.
Cette nuit, voilà que je fais un rêve idiot, comme c'est souvent le cas lorsque sont mis en scène les objets de mon affection: Je n'arrive plus à tenir debout, je suis obligée de ramper, et je rampe donc vers elle. J'essaie de l'appitoyer, elle est d'abord réticente à me consoler puis je me retrouve finalement dans ses bras. Le pire c'est que je trouve ce rêve très agréable sur le coup. Au réveil je le trouve ridicule. Il faut dire que parfois dans les songes, on est un peu comme drogué. Ce qui est bizarre ne nous choque pas plus que ça.
Heureusement, je ne suis pas trop "atteinte"; le soir, je ne pousse pas des soupirs de langeur et d'ennui en répétant son prénom. En sa présence, je ne laisse transparaître aucun sentiment déplacé. Je plaisante un peu avec elle, parce qu'elle même me taquine, mais ça ne va pas bien loin. Et surtout, je n'ai aucun geste d'affection à son égard. J'arrive très bien à me retenir de me jeter dans ses bras. Heureusement.
30 octobre 2009
Les petites filles ne sortent pas tard le soir
Je donne le cours d'anglais à la petite, je me débrouille mieux que la première fois, elle aussi, elle commence à assimiler les phrases interrogatives avec "do". A peine sortie je file à Rock Mania, je ne pensais qu'à ça depuis que j'avais vu ce manteau gothic-lolita noir à pois blancs à travers la vitrine l'autre jour. Un vêtement très onéreux que j'ai la folie d'acheter; on m'a versé mon salaire. Je rentre me changer, enfile ma robe gothic-lolita noire et blanche à froufrous et à dentelle, je sors prendre le bus accoutrée ainsi en me répétant qu'à vingt-cinq ans, c'est limite, mais j'ai tellement envie de la porter pour aller manger japonais.
Nous sommes trois au restaurant. La fille en face de moi et l'amie à côté de moi se connaissent bien et j'ai peur qu'elles me laissent un peu à part pour discuter entre elles. Mais j'arrive à leur parler. Je me délecte de ma soupe miso, de mes makos, puis de mon beignet à la banane. L'amie à côté de moi me fait goûter un sushi au Nutella; delicieux! Si je retourne dans ce restaurant j'en commanderai.
On rejoint ensuite un groupe d'amis dans un pub irlandais. Je commande un Coca, eux des bières. Je commence à m'ennuyer, il est 22h30 et je suis déjà un peu fatiguée. Au téléphone, mes parents me rappellent que j'embauche tôt le lendemain et décident de venir me chercher. Il était temps, je ne me sentais pas trop à l'aise dans ce pub mal éclairé, serrée sur un banc avec ces personnes que je ne connais pas.
Résultat: Ce matin au musée mes paupières se fermaient toutes seules.
29 octobre 2009
Quand je ne mangeais (presque) pas
J'avalais quoi? 500 calories par jour? Je ne prenais pas de petit déjeuner. Juste un café au saut du lit. J'étais tellement somnolente que je retournais me coucher en attendant que la salle de bains soit libre. A midi je ne mangeais pas, trop occupée à gémir au bureau de l'infirmière scolaire. Au goûter j'avalais peut-être une poignée de céréales, ou deux petits biscuits. Mon seul vrai repas était le dîner. J'avais froid à l'intérieur du corps, mais je ne faisais pas le parallèle avec la malnutrition. Je me revois collée au radiateur à gaz de ma chambre dans le logement de fonction de mon père. Plus tard j'ai appris à superposer des couches de vêtements: sous-pull, pull, veste; collants épais, leggins, pantalon. Ma tension était faible. Je ne savais pas pourquoi en sortant de la voiture ma tête tournait et j'avais légèrement la nausée. Parfois, en me levant, je ne voyait plus rien qu'un brouillard gris devant mes yeux et mes oreilles sifflaient.
L'infirmière me disait que j'allais plus mal quand j'avais les joues creuses. Je ne voulais pas croire que le manque de nourriture influait sur l'état psychologique. Je l'ai appris de source sûre plus tard. Ainsi lorsque j'avais jeûné plus que d'habitude, j'étais hystérique.
27 octobre 2009
Bons souvenirs (pour Marion, comme convenu)
Je m'étais mal couverte et cela faisait trois jours que je n'avais pas mangé raisonnablement, c'est-à-dire trois vrais repas par jour (c'est-à-dire pas une simple assiette de riz et un yaourt, ou un bol de lait et trois figues) bref ce matin là, en hypoglycémie, je tombais de fatigue et tremblais de froid, et je cherchais en vain un endroit où me réchauffer avant le prochain cours quand je vis...de la lumière dans son bureau! Et ô miracle il était ouvert. Et ô miracle elle était dedans. Et oh! Elle avait installé un radiateur, près de l'entrée, juste en dessous de son poster du Seigneur des Anneaux (une médiéviste, pensez-vous, ça adore les histoires d'elfes et de chevaliers!).
- Bonjour, excusez-moi j'ai très froid, je squatte le radiateur.
Elle n'objecte pas. Le nez sur son écran d'ordinateur, elle travaille, comme toujours.
- Encore overbookée hein?
- Et oui.
- Je crois que même si je le pouvais, finalement je ne ferais pas prof.
Elle me contredit. "C'est très bien, sauf quand il y a des emmerdeuses, pardonnez-moi l'expression. Tiens il y a cette mlle M. qui n'arrête pas de me tanner pour que je la fasse passer en 3ème année d'anglais, alors qu'elle n'a eu la moyenne à aucune UE d'anglais!"
J'ai vraiment très froid. Je me sens vraiment faible.
- Je crois que je devrais manger plus...
- Prenez un carré de chocolat! Elle m'indique le tiroir ouvert où se trouve la fameuse plaquette que je lui ai offerte l'autre jour.
- Ah ça y est vous l'avez goûté?
- Oui j'en ai mangé deux carrés, il est très bon.
Me voilà donc dans son bureau, à causer avec elle, à manger du chocolat. J'ai beaucoup moins envie de sauter d'un immeuble tout à coup. Même si au bout de quelque temps, elle me dit: "Bon j'ai cours dans 50 minutes, il faut que je travaille et pour ça j'ai besoin d'être seule. Mais je me suis rapprochée d'elle, je la regarde griffonner des notes au crayon de papier. Elle me regarde. Je la regarde, mutine.
- J'suis encore là.
- Get out! elle me fait sur le ton de l'humour, en pointant la porte du doigt.
Juste un câlin...je ne devrais pas. Contre son pull en laine si doux...elle me renvoie des étincelles, ces étincelles divines que je peux ressentir depuis que je suis de nouveau connectée à La Source.
- Vous pourrez revenir quand vous voudrez. Mais quand je vous dirai de partir il faudra y aller.
Alors je pars, je lui lance juste un regard d'enfant mi timide mi mutin avant de refermer la porte vitrée. J'ai moins froid.
***
La ville est recouverte de perles de lumière et elle se mire dans les eaux calmes du port. Alors que le crépuscule devient nuit, nous rencontrons une étrange procession guidée par un homme mystérieux portant une lanterne. Je prends des photos.
Nous y sommes. Le Korrigans, sa façade verte comme l’île d’émeraude, son enseigne décorée de motifs celtiques.
J’ai arrêté le temps. Enfin, j’ai enfin réussi ! Il n’y a plus d’hier ni de demain, seulement la perfection de cette soirée autour d’une table de machine à coudre archaïque (avec une large pédale en bois que Tom et K. s’amusent à actionner avec leurs pieds, et un rouet sur le côté) recyclée en table de pub. J’ai commandé du cidre irlandais malgré l’interdiction de boire de l’alcool (à cause des médicaments). Pour la centième fois je réitère mon souhait de partir en Irlande où de majestueux châteaux en ruines surplombent des vallées verdoyantes.
La chaîne hi-fi du patron du pub diffuse de la musique irlandaise qui me rend plus ivre que n’importe quel alcool. Tom dit que je ne devrais pas boire. Je me love dans ses bras, et je me sens bien. Le cidre me rend un peu hilare, et je ris d'un rien.
C'est une très belle soirée, et j'oublie mes résultats d'examens qui n'ont pas encore été affichés à cause, sans doute, d'une erreur informatique.
***
Je vais mieux. J'aurais presque fêté Mardi-Gras hier. A midi, au resto universitaire, j'avais vu une fille avec une perruque rouge et des cornes de diable et je m'étais demandée comment quelqu'un pouvait se montrer plus excentrique que moi. J'ai compris plus tard, lorsque le prof d'informatique nous a sorti: "Alors, vous n'êtes pas déguisés?"
Après mon rendez-vous chez le psy, dans le bus j'ai remarqué deux amies qui avaient eu l'audace de sortir bizarrement accoutrées, l'une en fée avec des accessoires girly (serre-tête à coeurs roses, baguette magique avec des cheveux d'ange argent) et une perruque argentée; l'autre s'était affublée d'une perruque rouge et portait également des vêtements loufoques.
Mais l'ambiance dans les rues semblait dégénérer. La musique à fond, les jets de farine et de confettis, tout cela était bon enfant, mais il se faisait tard, et j'avais des courses à faire. Le vent soufflait fort et il commencer à pleuvoir. Néanmoins je me suis arrêtée à la vue d'une pancarte marquée "câlins gratuits". La vague des free hugs serait-elle arrivée en France?
J'hésite. Je suis toujours prête à me jeter dans les bras de quelqu'un mais pas dans ceux de parfaits inconnus. En même temps je dis aprouver et soutenir ce mouvement...il faut être cohérente. Je m'approche d'une fille du groupe des "donneurs de câlins gratuits" et demande timidement:
- Je peux?
- Bien sûr.
C'est drôle parce que mon psy venait juste de me dire:
- Demandez la permission, au moins, avant de vous jeter dans les bras de quelqu'un.
23 octobre 2009
Avoir l'air et être
<<- Vous avez l'air bien!>>
Elle me vouvoie, contrairement à son habitude, preuve que j'ai l'air plus grande, aussi. En vérité ça fait un an que je me sens mieux, si l'on fait exception d'une ou deux rechutes passagères; une crise d'angoisse, des tremblements malvenus...
En fait quelquefois je marche et je me sens "les pieds sur Terre", bien dans mes baskets (ou mes bottines), et lorsque je me pose la question: "Ai-je envie de vivre?" je réponds sans hésiter "oui". Parfois cependant, je me sens maladroite, j'ai l'impression d'être à nouveau une gamine de douze ans nunuche, sauf que j'en ai vingt-cinq, et qu'à mon âge je n'ai plus le droit de ressembler à une prépubère gourde. Alors je me rassure, je me répète que j'ai une licence, que j'ai un petit boulot, que je suis capable de m'intégrer et que l'on m'apprécie, à la fac comme au travail. On n'est plus à l'époque où, étant habillée par ma mère, on se moquait de mes accoutrements, où l'on me répétait à l'envi combien j'étais laide et "sans allure" et que je n'avais pas d'amis. C'est vrai, j'ai un peu honte d'être encore à la fac sans savoir ce que je vais faire de ma vie à mon âge. Je me destinerais à être médecin, encore...mais non, j'ai choisi les langues, sachant que je ne serai ni prof ni interprète. Je ne sais pas, j'ai encore une année universitaire pour réfléchir. Comme j'aimerais avoir encore vingt ans et ne préoccuper que de mes études, et rattraper un peu de l'adolescence dont je n'ai su profiter...



















